Notre séjour à l’école en mars-avril 2012

Séjour entre les 26 mars et 8 avril 2012

Le voyage: Bruxelles-Casablanca  / Casablanca – Niamey / Niamey- Agadez via avion UNAHS / Agadez via escorte militaire  et enfin : AWOUDENINE

Vendredi 30 mars :

Un accueil comme au cinéma : [youtube]https://www.youtube.com/watch?v=eVHevbWEm2c[/youtube] et [youtube]https://www.youtube.com/watch?v=sFpz7bepf8w[/youtube]

Le chemin d’accès au complexe scolaire est balisé avec des grosses pierres blanchies!

Nous attendent plus d’une centaine de personnes :  les trois instituteurs, la soixantaine d’écoliers en rang par classe,  les mamans, le chef du village et d’autres autorités.

Un élève lit le discours, un petite pièce de théâtre est jouée et puis les femmes commencent à jouer de la musique et à chanter, les hommes dansent et je pleure…



Samedi 31 mars et dimanche 1er avril:

Nous visitons le complexe scolaire :

– le dortoir que nous n’avions vu qu’en photo – très propre, nattes et couvertures

– la case cuisine dont le toit et la porte ont souffert des pluies abondantes ( à réhabiliter )

– la 3ème classe toute neuve

– le puits scolaire : à sec pour le moment – le couvercle a été emporté par les fortes pluies ( à remplacer)

– le terrain de foot toujours impeccable

L’ensemble du terrain (100m x 150m) est balisé par des pierres dans l’attente d’une clôture plus que nécessaire pour protéger les bâtiments et surtout les écoliers face aux intrusions des chèvres, des dromadaires et des mobylettes et de certains hommes âgés qui prennent l’école pour le café du coin ..

Nous travaillons avec les instituteurs :

Avec Silimane, le directeur nous discutons de l’avenir de l’Ecole: depuis cette année scolaire2011-2012, l’Etat a commencé à reprendre l’Ecole en intervenant pour environ /3 de la cantine –  il donne des bons pour obtenir  le matériel pédagogique et l’UNICEF offre des kits contenant le matériel scolaire.

Suite à nos rencontres avec le Directeur régional de l’Enseignement à Agadez et l’Inspectrice adjointe à Tchirozérine, l’Ecole sera restituée à l’Etat à la rentrée de septembre 2013.

L’Etat reprendra les salaires des instituteurs, mais pas le supplément pour le directeur ni la plus grande partie de la cantine. Nous continuerons notre soutien.

Nous faisons la connaissance de RHISSA le 3ème instituteur qui enseigne aux « grands » en 5ème primaire. Nous découvrons un homme passionné par l’enseignement et riche de savoirs

Jusqu’au  5 avril :

Nous partageons la vie du village et multiplions les rencontres avec les enfants et les femmes

Nous suivons les cours dans les 3 classes: depuis les petits qui apprennent l’alphabet, en passant par la 3ème et la 4ème primaire dont le cours de morale porte sur l’hygiène « Le bon élève doit se laver  et laver ses habits pour être propre »,   jusqu’aux élèves de 5ème primaire qui étudient les adverbes et l’appareil digestif.

Ces garçons et filles parlent français et passeront tous dans un an  l’examen du BEP (Brevet d’Etudes Primaires).Certains nous parlent de leur désir d’aller au collège et l’un ou l’autre évoquent même l’université

L’objectif de la création de l’Ecole est quasiment atteint: ces jeunes Touaregs pouvant désormais lire et écrire le français – la langue officielle – seront plus à même de continuer des études, de trouver du travail, de voter, etc…

A plusieurs reprises , nous échangeons avec les femmes dont une parle le français : face aux hommes qui « dorment ».. elle ont créé une coopérative afin d’aller acheter la nourriture de base à la ville à un prix inférieur à celui pratiqué au village. Elles sont en demande d’un micro crédit qu’elles rembourseront en un an.

Avez-vous des idées pour les aider ? Ce soutien doit être indépendant de l’Ecole.

Elles ont également abordé la question de la contraception dont nous avons longuement parlé ensemble. Il ne suffit pas de leur apporter la pilule, comme elles le demandent, c’est toute une organisation de planning familial qui est nécessaire.

 

Le village évolue :

Il est désormais organisé en 3 sections  couvrant les 16 km2: Awoudénine 1, Awoudénine 2 et Awoudénine 3

Awoudénine 1 s’organise autour de l’Ecole  et commence à « ressembler » à un de nos villages…: au lieu de cases éparpillées,  le nomadisme disparaissant progressivement, les villageois se sédentarisent, construisent des cases  autour du complexe scolaire et les entourent de clôture.

Les jardins ( oignons, tomates, salades..) – principale source d’apport financier – augmentent en nombre, grâce à l’octroi de micro crédit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même des poules apparaissent au village amenées par des villageois ayant vécu en ville et ayant apprécié les oeufs et les poulets…

Fin du séjour :

Qui se termine évidemment par le grand match de foot auquel assistent même les soldats de l’escorte militaire qui ne nous ont pas quittés un seul instant: les bleus gagnent 3/1 face aux jaunes.

A bientôt !

Ce voyage fût dur physiquement: 50° au soleil,  boire de l’eau tiède,  rouler sur des pistes en triste état durant les 14h de bus entre Agadez et Niamey ,etc..mais les carcasses ont tenu le coup…

Ce voyage fût sans danger : avion de l’ONU entre Niamey et Agadez, escorte militaire : 10 soldats avec Kalachnikov et  mitrailleuse dans le pick up qui ne nous ont pas quittées  depuis Agadez jusqu’au village où ils sont restés près de nous, nuit et jour.

Ce voyage fût merveilleux : enfin retourner au village après 2 années, reconnaître les enfants qui ont grandi, faire la connaissance des nouveaux écoliers, découvrir le nouvel instituteur, etc..

Rencontrer les autorités du Ministère de l’Education nationale afin d’assurer la pérennité de l’Ecole.

Retrouver les femmes: discuter sérieusement de leur avenir et à d’autres moments, papoter entre femmes

Marcher dans le sable mais surtout dans la caillasse.

Dormir sous les étoiles malgré les cris des chacals et les pleurs des chèvres

Que du bonheur !

Merci à Pharmaciens sans frontière -Belgique  pour les médicaments de base et à tous les amis grâce à qui nous avons pu apporter 50 kgs de matériel scolaire et de cadeaux.